PALESTINE – Les sept raisons de l’agression israélienne contre les Palestiniens

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Les événements sont occultés dans les médias, trop occupés par les attentats de Paris. Mais, depuis plus de deux mois, les forces d’occupation israélienne ont recommencé à tuer, à blesser, à arrêter et agresser les civils palestiniens, partout, en Cisjordanie, dans la ville de Jérusalem, dans la bande de Gaza… dans les territoires de 1948.

Le bilan provisoire de ces attaques est lourd, déjà… côté palestinien bien sûr : 100 morts, dont 30 enfants de moins de 16 ans et 7 femmes ;  4.000 blessés ; et plus de 3.000 personnes arrêtées et emprisonnées.

Certes, les actions ne sont pas toujours pacifiques : des jeunes palestiniens manifestent et, comme de puis longtemps, lancent des pierres contre les soldats et les colons israéliens qui ont envahi leur pays et répliquent avec des armes à feu. Il y a aussi plusieurs attentats individuels, des attaques au couteau contre des Israéliens. Mais les représailles israéliennes sont toujours disproportionnées et sanglantes.

La multiplication des agressions militaires israéliennes contre les civils palestiniens montre que cette armée  poursuit sa politique d’occupation et profite de chaque occasion pour frapper les Palestiniens et étendre les colonies de peuplement.

L’armée israélienne viole ainsi tous les jours le Droit international, et ne respecte aucune résolution internationale ; elle tue les civils palestiniens en sang froid.

Le gouvernement israélien d’extrême ne se soucie guère de comprendre les vraies raisons de ce nouveau soulèvement populaire mené par des jeunes palestiniens désespérés, par la génération d’Oslo, désabusée après vingt ans de « négociations » et de « processus de paix », qui n’ont abouti à aucune réalisation sur le terrain et n’ont apporté aucune perspective pour l’avenir.

Ce gouvernement, encouragé par les puissances internationales, et par la faiblesse d’une position arabe divisée, poursuit ses attaques et ses agressions au quotidien contre les civils palestiniens.

Les sept raisons des agressions israéliennes contre les Palestiniens sont :

Premièrement. Israël veut achever de briser cette population palestinienne civile qui résiste et existe malgré soixante ans d’occupation et d’agressions et les difficultés économiques. Les Palestiniens, à chaque occasion ou événement marquant, se mobilisent ; ils varient les formes de résistance ; ils manifestent leur colère contre l’oppression et contre l’injustice. C’est cet esprit de  résistance qu’Israël veut épuiser et dissiper.

Une population qui reconstruit chaque fois que possible ce que l’armée a détruit, cette population qui continue à envoyer ses enfants à l’école, cette population qui s’attache à la vie, et malgré le mur de l’apartheid, les check-points et les barrages militaires, malgré le blocus de gaza et trois offensives militaires en moins de cinq ans.

C’est pour cette raison que la majorité des attaques militaires israéliennes visent les civils, les paysans, les pêcheurs,  les journalistes, les enfants, les femmes, les jeunes et les personnes âgées, les familles qu’il faut décourager et chasser.

Deuxièmement. Israël tente de provoquer les forces de résistance, pour qu’elles  utilisent des armes ou organisent des attentats militaires, que certains lancent des roquettes contre les localités israéliennes proches des villages palestiniens. Ces tirs de roquettes, qui ne font  pas de victimes et si peu de dégâts matériels, sont surexploités, alors, par l’armée israélienne, qui accuse ainsi les Palestiniens d’être les agresseurs et justifie de la sorte ses ripostes dévastatrices. C’est la politique de Tel-Aviv : au nom de sa sécurité menacée, Israël mène des attaques -voire des guerres- contre les Palestiniens, à n’importe quel moment, incessamment, leur rendant l’existence impossible.

Troisièmement. Le boycott des produits israéliens, qui s’accélère partout dans le monde, pousse désormais Israël à essayer de se faire passer pour la victime ; Israël doit sortir de l’isolement progressif qui se construit, en exploitant les attentats commis par des individus contre les soldats et les colons, affirmant défendre ses citoyens agressés par « les » Palestiniens.

Quatrièmement. Le développement de la lutte non-violente inquiète Israël, qui a toujours eu peur que les jeunes Palestiniens qui manifestent pacifiquement contre la confiscation de leurs terres n’attirent la solidarité internationale, mais aussi les pacifistes israéliens eux-mêmes, qui gêneraient les opérations militaires dans les territoires palestiniens.

Cinquièmement. L’échec du processus de paix : le gouvernement israélien veut échapper aux critiques internationales selon lesquelles il est le responsable de  la raison de cet échec par sa politique coloniale et son refus d’appliquer les résolutions internationales. Pour dépasser ces critiques, Israël accuse l’Autorité palestinienne de n’avoir pas su endiguer ce soulèvement populaire qui « l’oblige » à intervenir militairement ; et c’est donc l’Autorité palestinienne qui serait la responsable de l’échec du processus de paix.

Sixièmement. Le silence total de la communauté internationale est lourd de conséquence, autant qu’il est incompréhensible. Israël se comporte comme en « État-voyou », mais aucune institution ou organisation internationale ne le critique sérieusement ni ne le dénonce avec fermeté. Pourquoi cet État hors-la-loi actif en toute impunité ne poursuivrait-il pas, dès lors, sa politique d’anéantissement du peuple palestinien, dont il a entrepris, dès avant 1948 déjà, de coloniser le territoire.

Septièmement. Israël profite de la division qui règne entre les factions en Palestine ; et aussi des événements qui ébranlent les pays arabes. Les Palestiniens sont divisés et n’arrivent pas à adopter une forme unique de résistance contre l’occupation, et les pays arabes sont très occupés par les tragédies qui les ravagent ; c’est le cas de la Syrie, du Yémen, de la Libye, de l’Iraq et même l’Egypte en proie à une dictature à l’underground féroce.

Encore une fois : la nécessité est urgente d’une intervention internationale, par des sanctions et des actions de boycott contre cet État-voyou impuni.

Ce nouveau soulèvement de la jeunesse de Palestine pourrait annoncer un tournant dans le conflit israélo-palestinien : malgré la répression sanglante par l’armée d’occupation israélienne, malgré le bilan lourd de ses attaques, et en dépit du silence complice de ce monde, les Palestiniens sont de plus en plus déterminés ; ils vont poursuivre leur soulèvement populaire, il n’y a plus de retour en arrière, plus d’espoir dans les négociations à rallonge et malhonnêtes.

La lutte des Palestiniennes pour leur indépendance est désormais moins l’apanage des organisations de résistance que celui d’une population excédée et qui a pris son sort en main.

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Ziad Medoukh

Directeur du Département de langue française à l'Université Al-Aqsa de Gaza (Territoires Autonomes Palestiniens)

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