SYRIE (Kurdistan) – Reportage exclusif – Le côté obscur des Forces démocratiques syriennes

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 « Il n’y a pas de héros ! », m’avait naguère lancé un jeune Français parti rejoindre les forces kurdes qui se battaient contre les djihadistes de l’État islamique. « Ici, chacun défend ses intérêts ; tu n’es un héros que le temps que dure ton utilité. À part ça, tous les coups sont permis et chaque faction a son propre agenda. Pas toujours très ‘héroïque’, ni très sympa… »

L’assertion est à l’évidence avérée, et elle s’appliquerait même aux « héros » de l’Occident, à ces combattants kurdes de Syrie qui ont fait les gros titres, à ces hommes du YPG (la branche syrienne du PKK, qui constitue l’essentiel des effectifs des Forces démocratiques syriennes – les FDS), mais aussi à ces femmes guerrières, dont les sourires éclatants ont illustré les unes des médias depuis le début de la croisade menée contre Daesh par Washington et ses alliés.

Mieux que des « héros », les combattants kurdes ont été métamorphosés en légendes vivantes par la magie des rotatives.

Cependant, derrière l’image d’Épinal, derrière le vernis brillant du storytelling journalistique qui oppose toujours des gentils et des méchants, il est une autre réalité, moins avouable, moins agréable à dire, à lire, à entendre, quelques choses qui n’auraient pas collé avec la doxa des mainstreams et que les rédactions n’ont pas voulu savoir. Derrière le regard d’acier des tombeurs de l’EI, il y a aussi un programme politique radical, des compromissions peu reluisantes, et des méthodes impitoyables…

 « Il n’y a pas de héros… Jamais. »

*    *    *

Mon enquête a commencé, un peu par hasard, dans un restaurant d’Erbil, au Kurdistan irakien, la veille d’un reportage que je devais réaliser en Syrie, avec les forces kurdes du YPG.

Le lendemain, en effet, j’allais franchir la frontière irako-syrienne et traverser le fleuve Tigre au point de passage de Faysh Khabour pour rejoindre au Rojava les Forces démocratiques syriennes (FDS), coalitions de milices chrétiennes et arabes alliées des brigades kurdes qui dominent militairement la région et combattent l’État islamique.

En conversant avec le garçon qui nous servait, j’ai compris qu’il était kurde et qu’il venait de Syrie, et plus précisément de Qamishli, la « capitale » du Rojava, le « Kurdistan syrien ».

Nous avons alors échangé quelques mots sur l’avenir de son pays… Et je me suis très rapidement rendu compte du profond malaise, voire de la colère qui animait mon interlocuteur. Pour quelle raison, lui ai-je demandé, avait-il quitté le Rojava ? Pourquoi ne combattait-il pas dans les rangs du YPG, contre l’État islamique ? Sa réponse fusa, sans ambiguïté aucune : « Le PYD et le YPG, ce sont des fascistes ! Vous, les journalistes européens, vous croyez que ce sont des héros, parce qu’ils combattent Daesh. Mais vous vous trompez. Ils ont un projet politique. Et ils l’imposent par la force.

Ils intimident ceux qui ne sont pas d’accord avec leur projet ; parfois, ils les assassinent. Si je suis à Erbil, loin de ma famille… Si j’ai dû arrêter mes études et si je suis venu me réfugier en Irak, loin de mes amis, c’est parce que j’ai refusé la conscription, le service militaire obligatoire que le PYD a ordonné au Rojava. Je ne voulais pas de leur endoctrinement ; je ne voulais pas devenir un leurs pions.

Nous sommes nombreux, ici, à Erbil, les Kurdes originaires de Syrie. Mon collègue, qui est là au bar, lui aussi vient du Rojava… Pour d’autres raisons… Il est homosexuel, et l’homosexualité est un crime pour le PYD. Ils l’ont attrapé un soir, et ils l’ont frappé, tellement fort qu’ils lui ont cassé les deux bras… C’est leur morale à eux… »

Les jeunes héros du Kurdistan syrien, ces hommes –et ces femmes si souvent exhibées par les médias- qui affrontent avec courage les djihadistes de l’État islamique tout en préparant l’avenir radieux du Rojava où ils ambitionnent de mettre en œuvre les préceptes politiques d’Abdullah Öcalan, le leader du PKK [ndlr : le Parti des Travailleurs de Turquie, essentiellement kurde], réalisant l’utopie d’une société socialiste égalitaire et fraternelle, ne seraient-ils donc pas aussi « sympathiques » et « politiquement corrects » que l’image lissée qu’en donnent tous les médias occidentaux ?

Dès le lendemain, à mon arrivée à Qamishli, je me suis rendu à l’adresse que le jeune serveur d’Erbil m’avait communiquée…

J’y rencontre Maher ; c’est un opposant au PYD et à son bras armé, le YPG-YPJ.

Le PYD (Parti de l’Union démocratique), c’est le parti des Kurdes de Syrie, de ceux qui sont alliés du PKK du moins. Plus concrètement, c’est la branche syrienne du PKK ; même si les dirigeants du PYD le nient et assurent à qui veut les entendre que leur parti et le PKK sont deux entités complètement indépendantes… Quant au YPG, il rassemble les miliciens kurdes du mouvement ; sévèrement hiérarchisé, il s’agit d’une véritable armée, parfaitement organisée et où règne une discipline de fer (le YPJ en constitue la version féminine). Le tout sous l’autorité suprême d’Apo (« l’oncle », en kurde) ; c’est par ce surnom que les adeptes d’Öcalan désignent affectueusement leur chef de file, actuellement emprisonné en Turquie.

Maher me présentera ce soir à ses amis ; il faudra être prudent, ne pas attirer l’attention… Car le YPG, comme toute bonne armée, a développé des services de renseignement très efficaces ; c’est même un de ses principaux atouts : « Ils savent tout sur tous ! Tout le monde s’espionne, les uns les autres, et les renseigne… S’ils savent que tu veux rencontrer l’opposition, ils vont t’expulser. Dans l’heure, tu seras reconduit à la frontière. » Et je n’en ai aucun doute : j’avais longuement interviewé Ibrahim Biro, le président du Conseil national des Kurdes de Syrie, exilé au Kurdistan irakien avec la plupart des chefs des partis politiques kurdes de Syrie qui s’étaient ouvertement opposés à la mainmise du PYD sur les institutions du Rojava ; des leaders de l’opposition qui, après avoir été menacés et, dans certains cas, brutalisés, n’ont pas eu d’autre choix que de fuir leur pays, tandis que les locaux de leur parti étaient pillés et incendiés dans tout le Rojava par les hommes du YPG.

À la nuit tombée, je rejoins la maison de Maher, en essayant de ne pas me faire remarquer. Six jeunes hommes boivent du thé, assis sur des banquettes recouvertes de tissus chamarrés, disposées le long des murs, tout autour de la pièce qui fait office de salon. Tous se lèvent et me saluent très aimablement, nous sympathisons très vite ; mes interlocuteurs se détendent… Les langues se délient… Ils se libèrent d’un poids ou, plus exactement, d’une frustration : c’est l’occasion pour eux d’exprimer enfin tout ce qu’ils ont dû taire depuis que le PYD et le YPG ont pris le contrôle du Rojava, peu après le début de la révolution syrienne, en 2011.

Ils n’acceptent aucune autre ligne politique que la leur. Mais il n’y a rien de nouveau en cela : ce qui se passe aujourd’hui, c’est déjà arrivé, avec la Baath et Hafez al-Assad. Il n’y a d’ailleurs pas beaucoup de différence entre le Baath et PYD. Et ils ont souvent collaboré. Ils ont passé des accords. Par exemple, à Sheikh Maqsoud (ndlr : le quartier kurde d’Alep) : Damas a accepté d’en faire une zone libre, sous contrôle du PKK et du YPG, et les milices du YPG y laissaient librement circuler les troupes du gouvernement qui attaquaient l’Armée syrienne libre dans les quartiers révoltés.

« Ils ont collaboré très étroitement, en effet », intervient un des garçons ; il habitait le quartier de Sheikh Maqsoud, jusqu’à ce qu’il dut s’enfuir, en 2012. « Le PKK collaborait complètement avec les services secrets du régime. Lorsque la révolution a commencé, beaucoup de Kurdes qui travaillent dans les services secrets ont même intégré le YPG. Et aussi des policiers, à tel point que, finalement, dans le canton d’Afreen [le « Kurdistan syrien comprend trois cantons, celui de la Jazeera (à l’est, dont le chef-lieu est Qamishli), celui de Kobané, et celui d’Afreen, au nord d’Alep] la gestion des forces de police est presqu’entièrement passée sous le contrôle du YPG. Mais en continuant d’obéir à Damas et d’être financé par le gouvernement. Beaucoup de fonctionnaires et de membres du Baath sont aussi passés dans le YPG, et ils reçoivent encore leur salaire du gouvernement, eux aussi. Il y a de nombreuses connexions entre le Baath et le PYD. D’ailleurs, Öcalan était un ami d’Hafez al-Assad, le père de Bashar, notre dictateur ; en tout cas avant qu’Hafez le trahisse et le livre aux Turcs. »

Pourtant, depuis plusieurs mois, les escarmouches se sont multipliées entre les forces du régime et les milices du YPG… Il semble que la bonne entente que vous décrivez n’est plus d’actualité.

C’est vrai qu’il y a eu des accrochages. Ça a été le cas à Hassaka, en particulier. Mais ça ne va pas durer. Après Daesh, les choses vont revenir au calme : les relations avec le régime sont fortes et, si le régime se maintient, les pourparlers vont reprendre. Sauf si les Américains garantissent la protection du Rojava ; alors, le PYD continuera à tenir ses distances avec le régime et l’Iran. C’est peut-être ce qui va arriver, parce que, depuis un moment, Salah Muslim (c’est le chef du PYD) et Johan Ibrahim (lui, il est le chef de la police au Rojava), tous deux rencontrent régulièrement les Américains et ils ont commencé à régulièrement critiquer Assad et l’Iran en public…

Mais, la collaboration avec le régime, ce n’est pas ça le fond du problème. Oui… Nous, on est depuis le début pour la révolution et, bien sûr, cette collaboration avec le dictateur, ça nous met en colère. Mais, le pire, c’est que le PYD remplace une dictature par une autre. Ça a commencé dès 2012, lorsque les villages du Rojava ont formé leurs milices révolutionnaires. Le PYD a tout de suite exigé d’en prendre le contrôle, que toutes les milices entrent dans le YPG. Les milices qui refusaient la tutelle du YPG étaient attaquées et les gens mis en prison.

Je vivais dans le sud d’Afreen, explique un autre, Zakaria. Á la limite du gouvernorat d’Idlib, dans le village kurde de Bourch Abdalou… Nous avions créé notre propre petit groupe armé ; notre but n’était pas de faire la révolution, mais seulement de nous défendre, à cause des troubles. Les représentants du YPG sont venus nous voir et ils nous ont ordonné de rejoindre leurs rangs. Nous avons refusé et ils nous ont menacés de revenir. Alors, une milice islamiste de la région nous a proposé de nous aider, pour nous protéger du YPG ; c’était la Liwa Ahfat ar-Rassoul. Nous, on a dit que non… Que des Kurdes n’allaient pas tuer des Kurdes. Mais les types du YPG sont revenus, quelques jours après, et ils ont ouvert le feu sur nous. On a eu quatre morts, et les hommes ont été obligés de s’engager avec le YPG. Moi, je me suis enfui, et je suis parti dans ma famille, à Alep, où j’enseignais à l’université.

Le PYD, c’est comme une compagnie, comme une entreprise : leur but n’est pas nationaliste ; ce n’est pas un projet pour les Kurdes. Ce qu’ils veulent, c’est quelque chose de plus large. Ils ne veulent pas créer un Kurdistan autonome en Syrie. Ils veulent fonder un État socialiste et obliger toute la population à accepter leur projet, y compris les Chrétiens et les Arabes, sans distinction. Ils étendent les zones sous leur contrôle aux villages arabes et même à la ville de Raqqa ; ça aura pour conséquence que les Kurdes vont se retrouver en minorité.

– Lorsque les Turcs ont commencé à attaquer les Kurdes en Syrie, on a manifesté contre Erdogan, avec des drapeaux du Kurdistan. Mais les hommes du YPG sont venus vers nous et nous ont dit : « Pas ces drapeaux-là ! »

– Mais, pour le moment, ils ont besoin d’argent pour s’armer et faire la guerre. Alors, ils fonctionnent comme une multinationale et ils essaient de s’emparer de tous les secteurs de l’économie dans le nord de la Syrie. C’est plutôt comme une mafia : les entrepreneurs qui ne marchent pas avec eux et ne versent pas une partie de leurs revenus au PYD se font menacer, puis les ennuis commencent pour eux… Seuls les entrepreneurs qui ont de bons contacts avec le PYD peuvent travailler. C’est très négatif pour le Rojava parce que, du coup, beaucoup d’entreprises ferment, et les entrepreneurs de réfugient au Kurdistan irakien, tandis qu’ici on a de plus en plus de problèmes économiques.

La conséquence, c’est qu’ensuite ils taxent encore plus les entreprises qui fonctionnent encore au Rojova. Et aussi, ils vendent le pétrole qu’on extrait ici ; ils ont trouvé un accord avec le gouvernement syrien, qui le leur achète.

Mais ils ne redistribuent pas cet argent. Ils n’aident pas les gens en difficulté. Où va tout cet argent qu’ils confisquent au pays ? Il passe dans les mains du PKK ; tout ça part pour Kandil [ndlr : le quartier général du PKK est basé dans le massif montagneux de Kandil, à la frontière irako-turque] et sert à financer le PKK.

– Le problème, c’est qu’on ne sait pas qui sont les responsables ; on ne sait pas qui décide… Le PYD et le PKK, c’est comme le parti communiste russe à l’époque de Staline. Il y a les visages officiels, mais on ne sait pas qui est derrière. L’information ne passe pas ; c’est cloisonné. Parfois, on voit des gens arriver au siège du PYD ; ils ont le visage couvert. Des gens qui sont traités avec un très grand respect. Et on ne sait pas qui ils sont, ni d’où ils viennent… De Turquie ? Ou de Kandil ?

– Ils contrôlent aussi tout le système éducatif, reprend Zakaria.

– Et ils ne répandent pas la langue kurde ; ils ne font pas le Kurdistan, comme on voudrait enfin l’avoir, l’indépendance… Nous, ce que nous voulons, c’est un Kurdistan indépendant. Pas un État socialiste multiethnique sous domination du PKK. Ils acceptent que chaque communauté ait l’enseignement dans sa propre langue…

– Mais à condition que le programme scolaire soit celui qu’ils ont décidé. Ils ont complètement changé le programme du cours d’histoire ; c’est devenu un manuel de propagande communiste.

Zakaria nous raconte ses mésaventures, lorsqu’il a voulu créer une école primaire dans la région d’Alep :

– J’enseignais l’archéologie, à l’université d’Alep, où j’avais finalement rejoint ma famille, à Sheikh Maqsoud. Mais, à cause de la guerre, j’ai dû quitter la ville ; je me suis retrouvé dans un petit village.

Comme je n’avais rien à faire, avec deux autres volontaires, on a décidé de s’occuper de la petite école du village, pour apprendre à lire aux enfants qui n’avaient plus d’instituteur. Il ne restait plus que le directeur… Naïvement, nous avons contacté le PYD, pour leur demander un peu d’aide, du matériel, des livres… J’avais envoyé une petite liste de ce dont nous avions besoin, parce qu’il n’y avait rien, là ; même pas d’eau, ni d’électricité.

J’étais dans l’école, avec les enfants, en train d’enseigner, quand une femme, une « responsable » a fait irruption… Elle avait des papiers du PYD ; c’était une Kurde, mais pas de Syrie… Elle m’a expliqué qu’elle venait constater la situation ; elle a vu, on a parlé…

Deux semaines plus tard, des hommes du YPG sont entrés dans la salle de cours. Ils nous ont dit qu’ils allaient prendre l’école en charge et que nous devions partir ; le directeur aussi, qui était arabe. Je leur ai répondu que je n’avais rien d’autre à faire et que je pouvais être utile aux enfants. Mais ils m’ont clairement dit que je n’avais pas le droit d’enseigner ; que seul le PYD pouvait organiser l’enseignement.

Quelques jours après, deux femmes sont arrivées, avec des miliciens du YPG. Ils m’ont chassé de l’école et elles ont pris ma place ; elles ont dit qu’elles allaient s’occuper de tout. C’étaient deux femmes d’un village voisin, que je connaissais. Elles n’avaient aucune qualification ; mais elles étaient du PYD. C’est comme ça, dans leur univers politique : quand tu ne combats pas, tu fais autre chose dans la collectivité ; c’est tout un système.

Des gens du village m’ont dit qu’elles savaient à peine lire et écrire, et qu’elles passaient tout leur temps à endoctriner les enfants… C’est ça, la démocratie version PKK ! C’est le totalitarisme…

Il s’est encore passé quelques jours, et les miliciens sont venus me voir, chez moi : si j’acceptais de devenir membre du PYD, je pouvais garder mon salaire du gouvernement, même si l’université était fermée et que je ne pouvais plus aller travailler. J’ai refusé…

– Aucune opposition n’est possible. Le PYD –en fait, c’est le PKK…-, il contrôle tout. Ils détruisent immédiatement toute forme de résistance et contrôlent absolument tout. C’est le « parti unique » ; ils ont éradiqué l’opposition kurde, mais ils s’attaquent aussi aux leaders politiques des autres communautés.

– Puis, ils nous mettent en difficulté vis-à-vis de la Turquie. Comme ils sont sous contrôle du PKK qui les utilise contre les Turcs, ils placent le Rojava dans une situation géopolitique compliquée. En fait, ils donnent à la Turquie de bonnes raisons de nous attaquer.

– Il faut aussi te parler des assassinats politiques… Quand quelqu’un est sur leur route et leur résiste, ils l’éliminent. Ils ont arrêté des centaines d’opposants ; certains ont été torturés. Ils sont tellement certains qu’ils détiennent la vérité et que leur projet politique est le meilleur qu’ils considèrent tous ceux qui s’opposent à eux comme des nuisances qu’ils auraient le droit d’éliminer. Ils ont même osé tuer des leaders célèbres de l’opposition… Bahzed Dorsen… Nasreddin Birhek… En faisant cela, ils montrent à tous qu’ils n’ont peur de personne et que personne n’est à l’abri.

– L’histoire la plus triste, ce fut en octobre 2014… Ils ont tué Kawa Hossein. Il était kurde, et c’était une personne respectée et écoutée. Il disait aux jeunes de ne pas se laisser embrigader dans le YPG, de se méfier, de réfléchir à leur propagande… Un soir, ils l’ont arrêté devant chez lui ; et on l’a retrouvé quelques jours plus tard, dans un bois… Avec neuf balles dans le corps.

Je n’ignorais pas tout de ces faits ; au fil de mes derniers reportages en Syrie, j’avais entendu parler d’exactions commises par les miliciens du YPG. Mais les témoignages que me confient ces jeunes Kurdes dépassent les craintes que l’on pouvait nourrir à l’égard de la dimension marxiste révolutionnaire du PYD et de ses structures totalitaires…

Mon objectif lors de ce reportage étant de faire le point sur l’évolution du conflit avec l’État islamique, je me suis rendu sur le front, immédiatement après cette rencontre, en direction de Raqqa et de Deir ez-Zor, où quelques djihadistes assiégés continuent de résister aux FDS.

M’y attendait un commandant des milices chrétiennes du MFS (le Syriac military Council), un ami de longue date, dont j’avais accompagné la brigade, sur la rivière Khabour, il y a quelques années, lorsque l’État islamique tentait de conquérir les villages chrétiens de la région de Tal-Tamar, plus au nord.

Il me présente Chris, un jeune anglais, venu rejoindre les FDS pour combattre l’État islamique. Son histoire achève de me convaincre de la nécessité d’écrire cet article…

Impressionné par ce qu’il appelle désormais la « propagande » des médias britanniques, qui présentaient les miliciens kurdes comme des héros ivres de liberté et de justice sociale, Chris s’était enrôlé dans le YPG en tant que « foreign fighter ».

Mais il a rapidement désenchanté…

« Franchement, je n’en pouvais plus de l’hypocrisie ambiante. Ils ne cessaient de rabâcher les mots ‘liberté’, ‘respect’, ‘égalité’… Mais, dans la réalité, on n’a pas le droit de vivre comme on veut. Leur soi-disant ‘liberté’, c’est de respecter leurs règles et leur mode de vie. »

Par exemple ?

En dehors de ces règles, il n’y a plus de liberté ; et, en dehors de leur idéologie, il n’y a plus de droit de penser. Il fallait sans cesse faire semblant d’être d’accord avec leurs chefs politiques et de considérer Öcalan comme un dieu. Avec enthousiasme ! Il faut bien jouer son rôle, sans fausse note. Sinon, c’était le risque d’être exclu du groupe ou, pire, d’être arrêté et « puni ». Ça peut aller très loin, jusque dans ta façon de t’habiller… Par exemple, tu vois, mes tatouages sur les bras ? Pour eux, c’est inacceptable… À cause de ça, ils me considéraient comme un voyou… Ils sont complètement psychorigides, intolérants. Certains chefs sont des idéalistes, mais d’autres sont tout simplement des arrivistes qui sont prêts à tout, à servir n’importe quelle cause du moment qu’ils occupent des fonctions dirigeantes.

Je n’étais pas le seul à étouffer dans ce carcan idéologique. Des jeunes Kurdes, obligés d’aller se battre… Parce que le YPG a imposé la conscription obligatoire dans la région ; tous les miliciens kurdes que tu vois ne sont pas des volontaires… Contrairement à ce que le YPG affirme. Ces jeunes Kurdes font semblant d’adhérer aux idées du YPG et d’Öcalan. Sinon, ils peuvent être torturés ou exécutés ; il y a eu des exécutions, pour l’exemple. Ce n’est pas une démocratie socialiste qu’ils veulent créer ici, c’est une dictature, un régime stalinien.

– C’est pour cela que tu as voulu quitter le YPG et rejoindre une milice chrétienne du MFS…

– Oui, je n’en pouvais plus des mensonges du YPG et de leur attitude de fascistes. Je ne voulais plus me battre pour ça. Alors, je leur ai dit que je m’en allais, que je préférais me battre avec les Chrétiens. Mais, là, ça s’est très mal passé…

J’avais préparé mon paquetage et j’étais prêt à partir. Le camp du MFS se trouvait à quelques pâtés de maisons de la base du YPG, et j’avais eu l’accord de leur commandant pour entrer dans leur groupe. Mais, quand j’ai annoncé à l’officier du YPG que je rejoignais les Chrétiens, il s’est mis en colère et il a ordonné qu’on me mette aux arrêts.

Ils m’ont lié les mains dans le dos et emmené dans une petite pièce, et l’officier m’a dit de réfléchir, de faire mon autocritique et de changer d’avis ; ils m’ont pris mes chaussures, puis ils ont fermé la porte et je suis resté là, sans eau, sans manger, pendant deux jours.

J’avais l’impression qu’on passait à un autre stade : celui de la déshumanisation comme méthode de coercition psychologique. Ces comme dans les sectes fanatiques : on t’humilie, on t’épuise, on te prive de nourriture, pour briser ta volonté.

Après deux jours, ils m’ont sorti de là et j’ai dû comparaître devant plusieurs responsables du YPG. Ils étaient assis sur le sol, une dizaine, le long des murs d’une grande pièce, et on m’a fait entrer ; on m’a dit de rester debout, les mains toujours attachées. Ils m’ont regardé pendant un long moment ; en tout cas ça m’a paru long. J’étais aveuglé par la lumière blanche des néons ; cela faisant deux jours que j’étais dans le noir complet. Ils fumaient des cigarettes et buvaient du thé en parlant entre eux, en kurde.

À un moment, l’officier qui me connaissait –je m’étais battu sous ses ordres- m’a demandé si j’avais bien réfléchi et si j’étais disposé à de meilleures intentions. Je lui ai répondu que je n’étais pas leur ennemi, que j’étais venu les aider, que je m’étais bien battu, qu’on ne pouvait rien me reprocher ; mais que, à présent, je voulais m’en aller.

Il m’a dit qu’il me demandait pour la dernière fois si ma décision était prise. J’ai répondu que oui. Une petite bonne femme mince et sèche lui a dit quelque chose en kurde, et on m’a ramené dans la petite pièce où ils m’avaient enfermé. Quelques minutes après, trois miliciens du YPG sont entrés avec des bâtons ; et ils m’ont tabassé. J’ai été battu tellement fort que j’ai eu plusieurs côtes fêlées et l’épaule déboîtée ; et j’ai perdu connaissance.

Ils m’ont gardé prisonnier quatorze jours, dans ces conditions… Puis, un matin, ils m’ont relâché, sans aucune explication.

Ils m’ont conduit à la porte de la base, ils m’ont détaché les mains, et m’ont poussé sur la rue ; sans mes chaussures, sans que j’aie pu me laver, sans rien me rendre de mes affaires. Ils ont tout gardé. Mes armes, que j’avais achetées avec mon argent –c’est comme ça : les « foreign fighters » apportent leurs armes ou bien ils ne sont pas acceptés. Mais aussi tous mes effets personnels, mes vêtements, tout ; mon argent… Ils ont tout gardé.

Au sein de la brigade du YPG que j’allais ensuite intégrer, personne n’ose contredire le « commissaire politique » ; on ne le désigne pas de la sorte, mais il est bien présent, toujours aux aguets.

Il ou… « elle »… Il y a peu de femmes dans les rangs des forces kurdes : contrairement à ce que la presse internationale a colporté, abusée par le service de la propagande du YPG et rendant ainsi le mouvement très sympathique aux Occidentaux, les femmes conservent en réalité un rôle secondaire et effacé ; on est très loin des combattantes « héroïques », « tueuses de djihadistes » au sourire éclatant, affichées à la une des magazines. Rares sont les femmes qui vont au feu ; la plupart sont cantonnées à des fonctions subalternes et font office de plantons dans des zones déjà bien sécurisées. Systématiquement, toutefois, on emmène les journalistes de passage sur une ligne de front, où tout a été prévu… Pour qu’ils puissent faire un « bon reportage », car le sujet plaira, pour prendre les photos convenues des femmes-soldats, preuve que, au Rojava, s’invente une nouvelle réalité sociétale, où hommes et femmes sont parfaitement égaux, au cœur de ce Moyen-Orient ultra-misogyne.

« Elles », ce sont les plus radicales : contraintes de s’affirmer dans ce monde d’hommes, elles font preuve de la plus grande fermeté et se montrent sans pitié envers la moindre contravention aux règles. Tous s’en méfient et craignent leur pouvoir.

À Qamishli, le YPG a fondé une académie militaire où les miliciens sont formés ; c’est le passage obligé pour tous les hommes du Rojava en âge d’effectuer le service militaire que les adeptes d’Öcalan ont imposé dans les territoires passés sous leur contrôle. On y reçoit un entraînement militaire, mais on y suit aussi des cours de politique, et une formation idéologique… Le système s’installe, suivant, toujours, les mêmes recettes.

Mais je pose un peu trop de question sur le sujet, et le milicien avec lequel je m’entretiens se lève tout d’un coup, détournant son regard et interrompant de fait la conversation. Il se rue comme un petit chiot auprès de la « commissaire politique », et s’agenouille devant elle, qui est assise en tailleur dans un coin de la pièce, pour lui murmurer quelques mots à l’oreille. Elle me regarde, l’air embarrassé… Puis, s’adressant au milicien, lui ordonne de prendre un service extérieur. Quelques minutes plus tard, je suis rejoint par un sous-officier ; il m’est assigné par la « commissaire ». « Je suis à ta disposition pour répondre à tes questions », me dit-il. « Inutile de parler de ces sujets complexes avec les autres, ils n’y entendent pas grand-chose… » Si la vérité, à ce stade de la « révolution », a si peu de sens, l’utopie a déjà du plomb dans l’aile.

Ici se rejoue le drame de l’extrémisme idéologique mis en pratique ; et, lorsque s’est révélé l’envers du décor, l’air devient vite irrespirable : l’extrême politesse de façade et les sourires que s’échangent les miliciens cachent mal, souvent, la réalité du malaise ambiant, les frustrations, conséquence d’une autocensure permanente qui occulte des désaccords inexprimables. Une situation de fait que le type d’idéologie ici en vigueur, « humaniste » de force et « bienveillante » sous peine de châtiment, finit toujours par imposer au rythme des pelotons d’exécution…

Au fil des jours que je passe sur le front avec les miliciens des YPG, j’ai parfois l’impression de vivre l’épopée guévariste de la guérilla marxiste latino-américaine ; et je n’aurais pas été étonné si, soudainement, de derrière une porte, avait surgi le Che, un cigare entre les dents, qui se serait le plus naturellement du monde assis à côté de moi pour partager un plat de riz dans lequel chacun aurait pioché avec les doigts, compagnons de partage, sans que cette apparition n’eût détonné dans le tableau désuet de cette milice en campagne, ni surpris aucun des acteurs présents, tant l’ambiance était d’occurrence dans ce poste avancé, installé dans les ruines d’un village balayé par le vent du désert et où le soleil de fin juillet, qui fait monter le mercure à 53°C à l’ombre, a grillé jusqu’à la moindre herbe folle d’un paysage devenu uniformément ocre.

Jusqu’à ce que, brusquement, un homme effaré survienne en courant, portant à bout de bras un enfant sanguinolent. Il jouait devant la ferme familiale, lorsqu’une salve d’obus de mortier s’est abattue sur la bâtisse. L’homme est son oncle ; il confie l’enfant aux médecins de la brigade qui l’emportent dans une petite pièce à l’écart… Quelques dizaines de minutes plus tard, la porte s’ouvre et, comme c’est souvent le cas, le gamin ressort dans un sac en plastique.

Le soir tombe et je quitte le front pour rejoindre la base-arrière d’Aïn-Issa. L’unité du YPG traverse les villages arabes situés au nord de Raqqa. Les habitants ne semblent pas se montrer très « reconnaissants » envers ceux qui les ont « libérés de Daesh » : les yeux des villageois se détournent de notre cortège ; les visages sont fermés, les regards s’assombrissent à notre passage.

Le chauffeur à côté duquel je suis assis donne de petits coups de klaxon, salue ostensiblement les gens, lance une plaisanterie en arabe à un groupe d’enfants debout sur le bord de la route, qui le dévisagent sans sourciller, et il m’adresse ensuite un clin d’œil en souriant ; il essaie de donner le change…

Mais je sens bien la tension qui anime les miliciens du YPG accroupis à l’arrière du camion ; tous sur le qui-vive et les mâchoires crispées, ils ont le doigt sur la détente de leur kalachnikov, prêts à ouvrir le feu à la moindre alerte.

J’ai parfois rencontré des combattants du YPG que la propagande avait réussi à convaincre : ceux-là se croyaient vraiment aimés par les habitants de la région, réellement considérés comme des « libérateurs » et, en toute bonne foi, il pensaient que leur projet politique était bien accueilli par la population ; leur naïveté en était confondante. Mais, cette fois, il n’y a de doute pour personne : rien n’y fait, ni la bonhomie du chauffeur, ni les coups de klaxon, ni les salutations ; on ne lit dans les yeux des villageois arabes sunnites que la méfiance, l’inquiétude, voire de l’hostilité à l’égard de cette armée d’occupation trop majoritairement kurde.

Au bout d’un moment, un des miliciens fait glisser le pare-soleil qui occulte ainsi la vitre de ma portière : « Fais attention… », me dit-il en même temps qu’il tire le rideau. « Ne te montre pas. »

– Pourquoi ? Il reste encore des poches de résistance djihadiste ?

– Non… Mais… On n’a pas trop confiance en ces Arabes. C’est mieux s’ils ne voient pas qu’il y a un Occidental… Ils pourraient… Ils pourraient t’enlever.

– M’enlever !? Les Arabes de Raqqa supportent Daesh ?

– Bien sûr que beaucoup de gens supportent Daesh, ici ! C’est une région très religieuse, très islamique. Ces gens croient à fond dans ce qui est écrit dans le Coran. Alors, quand ils voient comment les gars de Daesh se battent pour leur foi, ils les admirent. Moi, je ne crois pas en Dieu… Mais, si tu crois en Dieu, tu ne peux que les admirer. Quand on capture un de ces gars, on l’enferme en prison ; et ils demandent tous : « Tuez-moi ! » Parce que, comme ça, ils vont au paradis. Alors, tu leur expliques : « Non. C’est la procédure. Vous avez commis un crime. Vous allez être jugés. » Et là, c’est toujours la même chose ; ils te répondent : « Quel crime ? Nous nous battons pour l’Islam ! » Vraiment, ils ne comprennent pas…

Bon… On verra bien… Mais, moi, je te dis que, Daesh, on n’a pas fini d’en entendre parler. Et tous ces Arabes, il faut s’en méfier. Tant qu’ils seront là, tout autour de nous, on ne sera jamais vraiment tranquille, jamais complètement en sécurité.

Après que les responsables de la propagande ont tenté toute la journée de me faire entrer dans la tête que les FDS construisaient l’avenir dans l’unité des communautés et la fraternité, nous voilà en un instant rattrapés par la réalité toute crue.

Comme toutes les idéologies politiques dont les adeptes sont convaincus qu’il s’agit de la recette miracle à tous les maux de l’Humanité, les prescrits d’Abdullah Öcalan laissent à ceux qui les goûtent, qui en expérimentent la mise en œuvre, sur  le terrain syrien en l’occurrence, une sorte d’arrière-goût amer, celui d’une forme de totalitarisme, qu’accompagne inévitablement l’intolérance, l’exclusion, la coercition, voire… l’élimination.

Les préceptes d’Öcalan n’ont pas seulement une portée politique. Il s’agit aussi d’une « philosophie de la vie », qui règle les comportements au quotidien ; avec son code de la moralité, qui s’exprime jusque dans la manière de s’habiller, de se coiffer, de s’apprêter, jusque dans le moindre détail. Comme je l’ai compris, lorsque le photographe qui m’accompagnait a été empêché de poursuivre avec moi notre reportage : « Le commandant n’aime pas beaucoup ton collègue », m’a expliqué le chef de la brigade. « Il n’apprécie pas son genre : sa boucle d’oreille et ses t-shirts hard-rock, ce n’est pas dans nos habitudes ; ce n’est pas bien vu ici. »

*   *   *

L’idéologie socialiste, au premier regard, apparaît des plus sympathiques à l’observateur de passage qui partage quelques journées de « fraternité » avec ces combattants, et bien sûr sous la surveillance d’un « préposé aux relations publiques » qui bannira toute fausse note durant le bref séjour du visiteur. Mais, si l’observateur s’engage sur une période plus longue, « embedded » au sein d’une ou de plusieurs brigades, inévitablement, les travers du système se font jour, et le caractère d’un appareil répressif se révèle, étouffant et oppressant, où Abdullah Öcalan fait figure de gourou, où le culte de la personnalité, la vénération du chef, atteint un tel degré que le portrait du « guide », omniprésent, fait même office d’insigne militaire, imprimé sur des écussons cousus sur l’épaule des miliciens, comme pourrait l’avoir imaginé le scénariste d’un film de politique-fiction, le metteur en scène d’une fable d’alerte qui dénoncerait la société formatée de « Big Brother » ; un appareil accablant qui génère la peur permanente d’être pris en faute, pour un geste, une parole mal dite, un détail qui attirerait les soupçons de la hiérarchie, la peur et la méfiance de l’autre, car, dans ce système, chacun est garant de « la bonne santé morale » de tous…

Ainsi, rien de bien nouveau dans le phénomène politique extrême qu’expérimente aujourd’hui le Rojava, où ressurgit la croyance inconditionnelle en l’homme providentiel, cet égarement qui, si souvent déjà, a fait dériver les rêves de démocratie et de justice sociale, qui a ruiné les aspirations tiers-mondistes de la belle époque des indépendances, inexorablement confisquées et dévoyées par des Nasser, Bourguiba, Boumediene, Assad, Kadhafi… Cet égarement qui avait peu de temps auparavant dérouté le marxisme pour conduire au stalinisme, au maoïsme, au castrisme… Et voilà que l’histoire se répète, au Moyen-Orient désormais.

C’est aussi le besoin du combat permanent… Qu’arrivera-t-il à la « révolution » lorsque la guerre s’arrêtera ? Que restera-t-il alors des conditions qui permettent d’oublier ses propres intérêts, ses ambitions, son égoïsme, que crée la vie en groupe, sur le front ? Lorsque le quotidien s’en retourne à la normalité, les idéaux qui transportent l’âme s’étiolent aussi vite que se réinstalle la routine des milliers de petites choses mesquines et banales, dénuées d’héroïsme et d’idéal, que l’existence impose à chaque matin. Où seront, alors, les copains, dont les visages jauniront sur les photos, et la vie de miliciens, qui simplifiait tout ?

Officiellement, le PKK a renoncé au marxisme-léninisme et au nationalisme kurde, en faveur d’un confédéralisme démocratique. Mais la reconversion peine à se réaliser et, dans les faits, le Rojava joue avec un demi-siècle de retard la partition des mouvements révolutionnaires du temps de la guerre froide, et le Moyen-Orient bégaie, comme à son habitue. Les idéologues du YPG gagneraient un temps précieux et épargneraient à leur concitoyens bien du malheur à venir, du désespoir et de la souffrance, s’ils partageaient un thé avec les vétérans de l’OLP.

Ainsi, les disciples d’Abdullah Öcalan répètent en Syrie les mêmes erreurs, pourtant grossières et depuis lors si souvent mises en lumière, dont leurs prédécesseurs marxistes du XXème siècle avaient pavé les chemins de « la révolution ».

par notre envoyé spécial en Syrie

 

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Pierre Piccinin da Prata

Historian and Political Scientist - Chief Editor / Rédacteur en Chef

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