YÉMEN – Histoire d’une guerre pas si… «oubliée»

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Je me suis rendu au Yémen au tout début du « Printemps arabe », de la « révolution » en 2011 ; et j’étais à Sanaa en février 2012, pour y observer l’étrange solution électorale qui devait partout être saluée comme le « processus yéménite », une espèce de « recette démocratisante miracle ».

En fait d’élections, j’ai surtout assisté à une grosse farce, une absurde mascarade dont seuls les Yéménites, semble-t-il, se sont rendu compte du burlesque.

La bonne blague à la mode, le 21 février 2012, jour d’élection à Sanaa, c’était de se planter devant un mur couvert d’affiches électorales et, tout en prenant un air faussement sérieux, de s’exclamer à très haute voix : « Mais pour qui donc vais-je voter ? »

C’est que toutes ces affiches représentaient le seul candidat à la succession du président Ali Abdallah Saleh –oui, oui, un candidat unique !-, Abdu Rabu Mansour Hadi, qui n’était autre que le vice-président du dictateur sur le départ et l’un de ses plus proches amis…

Que s’est-il passé lors de la « révolution » de 2011 ?

Plusieurs acteurs –qui n’étaient inattendus que des observateurs ignorant tout des réalités sociologiques et politiques yéménites- vont immédiatement entrer en jeu, balayant les velléités démocratiques de la jeunesse éduquée (c’est-à-dire d’une infime partie de cette population parmi les plus pauvres de la planète).

Premièrement, il faut rappeler l’existence au Yémen des différents groupes rebelles, mouvements endémiques dans ce pays, lesquels ont profité des troubles pour reprendre les armes : les séparatistes du sud, qui n’ont jamais accepté la réunification des deux Yémen en 1990 ; la rébellion des Houthistes dans le nord, mouvement proche du chiisme et décidé à renverser les « corrompus » du gouvernement de Sanaa qui a de tout temps négligé cette région pauvre et persécuté les adeptes du zaydisme ; et bien sûr, les combattants d’al-Qaeda, qui occupent des villes entières dans l’ouest du pays.

Ensuite et surtout, il y eut le panier de crabes de Sanaa, qui se partageaient le pouvoir dans la capitale, la seule région du pays qu’ils contrôlaient à peu près : le parti au pouvoir (le Congrès populaire général), jusqu’alors dirigé par le président Saleh (qui fut au pouvoir de 1978 à 2012) ; les partisans du général Ali Mohsen al-Ahmar, qui tient en main une grosse moitié des forces armées ; et le clan du jeune cheikh et puissant homme d’affaire Hamed Abdallah al-Ahmar (aucune parenté avec le général Ali Moshen al-Ahmar), dont le frère aîné, Sadek, est à la tête d’une vaste coalition de tribus.

C’est de la rivalité qui oppose ces trois hommes que va naître le conflit…

Un accord avait en effet été passé entre Ali Abdallah Saleh (le président) et le général Moshen : Ali Moshen devait devenir président à sa suite.

Mais, fin 2010, Saleh a soudainement annoncé que ce serait in fine son propre fils qui lui succéderait.

Or, au même moment, survenait le « Printemps arabe » et les révolutions en Tunisie, en Égypte, puis en Syrie, ce qui encouragea à investir la rue une maigre poignée d’étudiants, lesquels plantèrent quelques tentes devant l’université de Sanaa.

Le président Saleh les aurait bien vite balayés si le général Moshen, rameutant tout ce qu’il avait comme soutien dans l’armée, ne se fût porté « à leur secours », dans « l’intérêt de la démocratie ». L’occasion, en réalité, pour Ali Moshen de défendre son « droit au trône ».

Inquiet des événements et soucieux de protéger sa part du gâteau, le clan Al-Ahmar lança à son tour ses tribus dans la bagarre.

On s’est ainsi querellé à coups de canon dans Sanaa, tandis que, profitant de tout ce bazar, al-Qaeda, Houthistes et séparatistes relançaient leurs opérations.

Oubliés, donc, les étudiants de l’université et leur « Printemps arabe »… Dans un contexte de guerre civile généralisée.

[Dénouement (très temporaire) du conflit

Riyad s’inquiète rapidement de la déstabilisation du Yémen, un quasi-protectorat saoudien, avec lequel l’Arabie saoudite partage une longue frontière commune : Riyad craint, d’une part, la menace de voir al-Qaeda s’implanter mieux encore à quelques kilomètres de sa capitale et, d’autre part, que les Houthis s’emparent du pouvoir au Yémen, car ces derniers sont soutenus par l’Iran (sans néanmoins lui être inféodés –comme c’est le cas, par exemple, du Hezbollah libanais), puissance rivale des Saoudiens dans la région du golfe persique.

Le roi d’Arabie saoudite assigna dès lors les trois « bad-boys » à Ryad, où ils durent faire amende honorable, se donner à chacun le baiser de paix… et promettre de mieux se comporter à l’avenir.

L’accord : le président Saleh prendrait un peu de distance, pendant une période de « transition démocratique » de deux ans, durant laquelle il allait être remplacé par son vieux camarade Hadi (qu’un vote populaire devrait préalablement confirmer en tant que nouveau président pour ces deux années), mais sans toutefois devoir renoncer à se représenter à des « élections » qui auraient lieu après cette période d’accalmie.

Quant aux deux autres protagonistes (le général Moshen et le cheikh al-Ahmar), ils reçurent d’alléchantes compensations dans le partage des pauvres ressources gazières et pétrolières du pays.

La maxime du philosophe Jean-Baptiste Alphonse Karr se vérifia au Yémen : « La seule constance, mise à part la mort, c’est bel et bien le changement ; car, plus ça change, et plus c’est la même chose ! »

Des « élections » à candidature unique furent ainsi organisées et, sans la moindre surprise, le candidat unique, Abdu Rabu Mansour Hadi, fut élu président.

Curieusement, tous les observateurs étrangers (occidentaux) ont salué le processus de « démocratisation », résultat de la « révolution », du « Printemps arabe »… Alors qu’il n’y avait eu aucune révolution, ni aucune démocratisation.

La « démocratie », au Yémen ?

Au-delà de ce formidable imbroglio, c’est l’idée même de démocratie à l’occidentale qui n’avait aucun sens dans ce pays où, de manière extrêmement prégnante encore, toutes les décisions sont prises dans le respect de la hiérarchie tribale. Et, ce que le chef décide, personne, dans le clan, n’imagine même le remettre en question ; c’est la structure sociopolitique profonde du Yémen…

Ainsi, lorsque l’accord a été conclu à Riyad, les grands chefs ont ordonné à leurs troupes de déposer les armes et à tous de voter pour le candidat unique, Hadi ; et tous se sont exécutés dans la joie et la bonne humeur. Hadi a donc été élu avec 99,80% des voix (et un peu moins de 70% de participation).

Au Yémen, comme en Libye à la même époque, outre une contestation civile presque inexistante et des velléités démocratiques à peine perceptibles, c’est une configuration très spécifique qui s’est rapidement fait jour, fonction de la structure sociopolitique tribale et clanique de ces deux États : le colonel Mouammar Kadhafi et le président Ali Abdallah Saleh ont tous deux dû faire face aux soulèvements de chefs de clan, de pouvoirs secondaires décentralisés, et d’éléphants du régime qui ont estimé que leur heure était arrivée, lesquels ont fini par supplanter la très timide révolte populaire dont ils avaient saisi l’occasion pour se manifester.

Dans les deux cas, la conjoncture s’est complexifiée davantage encore du fait, d’une part, de l’intervention de l’Arabie saoudite et du Conseil de Coopération du Golfe (dans le cas du Yémen) et, d’autre part, de l’ingérence franco-britannique, soutenue par les États-Unis et l’OTAN (dans le cas de la Libye).

Reprise des hostilités

Le président Hadi avait été élu pour deux ans, avec la mission officielle de mettre en œuvre le « processus démocratique » au Yémen (en réalité, il s’agissait de calmer le jeu et de rétablir le statu quo).

Mais les négociations avec les différentes composantes ethniques, les factions aux intérêts nombreux et divers, l’armée… et surtout les Houthistes (qui refusent le retour à ce statu quo qui les excluait du pouvoir) n’aboutissent pas.

Les Houthistes (dont le nom vient de celui de leur principal leader, Hussein Badreddine al-Houthi) constituent une importante minorité religieuse du nord du Yémen, qui, depuis 2004, proteste contre le gouvernement de Sanaa, contre lequel elle est entrée en rébellion après qu’il avait refusé d’accéder à ses revendications, notamment une meilleure répartition des richesses du pays et aussi une représentation politique plus équitable.

Dans ce contexte incertain, le parlement proroge dès lors le mandat de Hadi jusqu’en février 2015, ce qui provoque l’ire de plusieurs leaders militaires, de l’ancien président Saleh, qui s’impatientait de revenir au pouvoir, et des Houthistes qui attendaient eux aussi l’échéance électorale de 2014.

Face à cette insurrection généralisée, puis à la conquête par les Houthistes de la capitale, Sanaa, et à la prise du palais présidentiel, fin 2014-début 2015, Hadi démissionne (en janvier 2015) avant d’être sommé par les Saoudiens de revenir sur sa décision et de faire face ; après avoir réussi à s’échapper de sa résidence, il se replie alors à Aden, principale ville du sud, avec les éléments de l’armée qui lui restent fidèles, abandonnant la capitale aux Houthistes qui se sont alliés avec l’ancien président, Ali Abdallah Saleh.

Désormais maîtres de la capitale du Yémen, les Houthistes dissolvent le gouvernement et le parlement et installent à Sanaa un « Comité révolutionnaire » représentatif de toutes les factions pour remplacer la fonction présidentielle. Les nouvelles institutions doivent assurer la transition vers la démocratie et organiser de nouvelles élections, indépendamment des manœuvres de Riyad, cette fois.

En mars 2015, Aden est prise d’assaut par les Houthistes et Hadi s’enfuit à Riyad.

C’est alors que les Saoudiens, surpris par la rapidité de la progression des forces houthistes, décident d’intervenir militairement.

Riyad lance l’opération « Tempête décisive », le 25 mars 2015 : pour légitimer cette ingérence, le président Hadi est poussé par Riyad à demander officiellement l’intervention de l’armée saoudienne, en appui au gouvernement « légal et légitime » du Yémen ; or, le mandat du président Hadi (démission ou pas) avait pris fin en février 2015 (selon les termes de la prorogation votée par le parlement) : il n’était constitutionnellement plus en droit d’autoriser cette intervention – Hadi sera condamné, en 2017, à mort (par contumace), par un tribunal de Sanaa (où a été proclamé un nouveau gouvernement), et ce pour avoir usurpé la fonction présidentielle et entraîné le Yémen dans la guerre civile en ayant cherché à garder le pouvoir avec l’aide de puissances étrangères.

L’Arabie saoudite a rassemblé derrière elle la plupart des monarchies du Golfe et des grands États arabes sunnites (l’Égypte, la Jordanie, le Maroc et le Soudan) ; une coalition sunnite dont les aviations bombardent les positions houthistes au Yémen.

Riyad s’acharne ainsi à soutenir son pion, Hadi (qui ne bénéficie cependant plus que d’une très faible base populaire), en espérant reprendre le contrôle du Yémen (qui lui échappe, en faveur de l’Iran).

Le but est bien sûr de ne surtout pas céder la place à Téhéran -et d’autant moins aujourd’hui, en 2018, alors que l’Iran a accumulé les victoires, en Syrie et en Irak (outre le contrôle fermement exercé sur le Liban à travers le Hezbollah, État dans l’État et militairement mieux équipé que l’armée libanaise elle-même), et s’est ainsi solidement implanté sur le sol de la péninsule arabique, encerclant progressivement l’Arabie saoudite.

Les Houthistes ont en effet ouvert l’aéroport de Sanaa à l’Iran (premiers vols iraniens depuis 1990) ; et le président iranien Hassan Rohani a salué la victoire des Houthistes comme celle de la démocratie et de la révolution sur la dictature soutenue par Riyad, tandis que Hadi a dénoncé l’ingérence de l’Iran, soutenu par des déclarations identiques des Saoudiens et de la diplomatie américaine, mais aussi britannique et française…

Une guerre pas si « oubliée »

En apparence, les capitales occidentales ne font preuve d’aucune compassion pour les 30 millions de Yéménites plongés dans l’enfer d’un conflit de sept années déjà ; pas plus, d’ailleurs, que Moscou ou Pékin.

Et ces mêmes chancelleries « semblent » n’avoir aucune intention de s’impliquer dans la guerre. Mais, au-delà de « l’oubli » médiatique du conflit yéménite (les médias occidentaux, en effet, n’en parlent pas…), les apparences peuvent être très trompeuses…

Au Yémen, le soutien logistique et militaire de Washington, Paris et Londres à Ryad est colossal. Trois États qui ont agité leur droit de veto au Conseil de Sécurité de l’Organisation des Nations unies pour empêcher l’envoi au Yémen d’une commission d’enquête onusienne (octobre 2015) ; avant de finalement accepter l’envoi d’observateurs internationaux, avec un mandat très limité (septembre 2017), l’impossibilité d’accéder aux zones de combat et une incapacité à produire le moindre rapport valide sur les responsabilités des belligérants.

Et ce sont ces mêmes États qui ont poussé à l’adoption de la résolution 2216 du Conseil de Sécurité, qui autorisait l’intervention saoudienne au Yémen ; l’ennui, c’est que la résolution fut votée trois semaines après le début de l’offensive lancée par Riyad (donc, une sorte de « justification » à effet rétroactif).

Quant aux États-Unis, ils ont même participé militairement à la guerre contre les Houthistes, par des frappes navales, qui furent beaucoup moins médiatisées que les tirs de missiles ordonnés par le président Trump sur la Syrie…

Une attitude manifestement motivée par les promesses d’achats d’armes massifs par l’Arabie saoudite.

Une attitude stupide, qui sert des intérêts financiers à courts termes : en aidant les Saoudiens à frapper les Houthistes, les Occidentaux affaiblissent la seule force capable de lutter contre al-Qaeda en péninsule arabique.

Des « négociations » sans queue ni tête

Depuis avril 2015, « Tempête décisive » a été rebaptisée « Restaurer l’espoir »… Les partisans de Hadi (les tribus sunnites qui le soutiennent et de rares éléments de l’armée du Yémen) ont pu reprendre pied dans le centre-est et le sud du pays, avec le concours d’unités blindées saoudiennes et koweïties ; les Houthistes contrôlent cependant le nord et l’ouest du Yémen, dont la capitale, Sanaa. Depuis fin 2015, Hadi est revenu à Aden.

Entre avril et août 2016, des négociations ont eu lieu au Koweït.

Elles avaient pour but officiel de parvenir à un accord entre le gouvernement de Hadi établi à Aden (reconnu par le Conseil de Sécurité de l’ONU, sous la pression des États-Unis, de la France et du Royaume-Uni) et celui des Houthistes installés à Sanaa.

L’ONU annonce soudainement un « accord », absurde : les « rebelles » évacueraient les villes qu’ils contrôlent et déposeraient les armes.

Ce n’étaient là en réalité que les exigences exprimées par les partisans de Hadi (de l’Arabie saoudite et de ses alliés occidentaux); les Houthistes ont bien entendu refusé ces conditions (il n’y avait en fait aucun accord) et le gouvernement Hadi a quitté la table des « négociations », en dénonçant l’attitude « peu constructive » des Houthistes…

Famine et épidémies

Aux destructions et à la mortalité provoquées par la guerre, s’ajoute la famine.

Le pays produit peu, l’économie est complètement désorganisée ; or, les importations sont limitées par le blocus aérien et maritime que les Saoudiens et leurs alliés imposent au Yémen.

7 millions de personnes, selon l’UNICEF, sont en situation de famine.

Par ailleurs, une épidémie de choléra a atteint fin 2017 près de 1 million de personnes ; et une épidémie de diphtérie s’est déclarée au début de cette année 2018.

Perspectives de résolution du conflit ?

L’Opération Tempête décisive (ou « Restaurer l’espoir », comme elle a été renommée) est actuellement dans l’impasse.

Les Houthistes ont pris le dessus sur les autres factions à Sanaa (l’ex-président Saleh est décédé, en décembre 2017 : quand il a cru que le vent était en train de tourner, après le retour de Hadi à Aden, il s’est progressivement désolidarisé de ses alliés houthistes et a finalement brisé l’alliance en demandant à Riyad de pouvoir négocier ; mais il n’en a pas eu le temps, il a été tué dans la bataille qui l’opposait aux Houthistes pour le contrôle de Sanaa) ; et ils contrôlent une grande partie du pays, dont n’a pas disparu la corruption, en dépit des idéaux affichés, laquelle demeure généralisée à tous les niveaux, et où les nouveaux maîtres ne tolèrent aucune opposition, fût-elle « démocratique » (pas plus sous la férule des Houthistes que sous la dictature de Saleh, le Yémen n’échappe à sa nature sociopolitique profonde).

Pire, pour Riyad : des brigades houthistes parviennent désormais à pénétrer les zones frontalières avec l’Arabie et lancent régulièrement des missiles balistiques (fournis par l’Iran) sur les villes saoudiennes (même Riyad a été ciblée).

Une situation à ce point critique pour Riyad que les Saoudiens en viennent à ouvertement armer les factions sunnites salafistes opposées aux Houthistes, dont plusieurs groupes objectivement vassaux d’al-Qaeda.

On voit mal, dans la configuration actuelle, si ni Riyad ni les Houthistes (ni Téhéran) ne se montrent prêts à négocier, comment une sortie de conflit serait possible.

Or, l’Iran, qui a partout le vent en poupe, ne va certainement pas s’arrêter en si bon chemin ; et l’actuel homme fort de Riyad, le prince Mohamad Ben Salman, n’est pas personnage à se laisser vaincre…

Il est donc à redouter que le conflit s’enlise sur le long terme et se poursuive indéfiniment (et dans l’indifférence générale des opinions publiques).

À moins que cette guerre d’usure où rivalisent l’Iran et l’Arabie saoudite ne prenne fin par chaos économique de l’un des deux protagonistes : le soutien aux Houthis ne coûte pas très cher à Téhéran, alors que Riyad engloutit des budgets formidables dans cette guerre, déjà estimés à plus de 20 milliards de dollars (annuels ; et la guerre dure depuis mars 2015) ; et ce à un moment où le prix du baril de pétrole stagne à la baisse et alors que, depuis plusieurs années déjà, les réserves de change de l’Arabie saoudite s’amenuisent dangereusement -en témoignent les purges ordonnées tout récemment par le prince Mohamad Ben Salman, qui n’avaient pas seulement un objectif politique, mais aussi celui de confisquer au profit de l’État les fortunes colossales des dizaines de princes et hommes d’affaires arrêtés et pressurés.

Toutefois, la nouvelle alliance Ryad-Washington-Tel Aviv n’augure pas d’une défaite saoudienne…

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Pierre Piccinin da Prata

Historian and Political Scientist - Chief Editor / Rédacteur en Chef

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