DEBATE / ISRAËL – Une guerre au Liban cet été ?

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Un conflit tous les quatre ou cinq ans.

C’est approximativement ce à quoi l’État d’Israël a habitué le monde depuis sa création en 1948.

Subies dans un premier temps, imposées dans le second, ces guerres enflamment régulièrement la région. La dernière remonte déjà à 2014 ; il s’était agi d’une offensive sur Gaza qui s’était soldée par la mort de plus de deux mille civils palestiniens.

Il était dès lors temps pour Israël de préparer un quatorzième conflit…

Ce n’auront pas été les multiples raids menés en Syrie ces deux derniers mois par l’État hébreu contre des cibles appartenant ou apparentée au Hezbollah, ni l’occupation en cours, ni la colonisation qui auront eu raison de la patience d’un de ses voisins, mais bien sa décision de délimiter de nouveaux blocs d’exploration du gaz dans une zone maritime d’une superficie de 864 km2, située à la frontière des eaux territoriales israéliennes et revendiquée par le Liban.

Pour les autorités libanaises et le Hezbollah, cet acte constitue une « déclaration de guerre ».

Des études sismiques menées dans la zone depuis 2002 font état de la présence d’importantes ressources gazières, des découvertes confirmées par l’intérêt affiché par plusieurs grandes sociétés étrangères, dont Exxon Mobil, Shell et Total, et qui pourraient assurer l’autonomie énergétique au pays du Cèdre.

Or, la nouvelle carte israélienne délimite ses blocs d’exploration de gaz offshore à l’intérieur de la zone en question.

« Ces ressources constituent une priorité absolue pour le Hezbollah, plus importante que les multiples enjeux du conflit syrien. Il s’agit d’une question fondamentale liée aux droits souverains et économiques du Liban », a expliqué le cheikh Sadek Naboulsi, responsable au sein du parti chiite libanais. Il ajoute : « [Si] la diplomatie et le droit international maritime faillissent à régler le contentieux, et en cas d’agression de la part d’Israël ou d’empiétement sur les intérêts du Liban, le Hezbollah aura recours à la voie militaire. […] Et cette fois, il frappera en profondeur et ciblera les infrastructures gazières au large du littoral ennemi. »

Un « casus belli » désigne un acte de nature à déclencher les hostilités entre deux États. Mais lorsque le casus belli est entièrement mis au point par une puissance militaire dans le but d’acculer son futur adversaire à la riposte, ne s’agit-il pas déjà d’un acte de guerre ?

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Simon-Marin GHYS

Historian and Political Scientist - Managing Editor for French

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