URGENT / ARABIE SAOUDITE – Mort du prince héritier MBS…

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« Le prince héritier n’est pas réapparu en public depuis plus d’un mois. » « MBS disparu des radars. » « L’étrange éclipse du prince héritier. » Ou encore : « Inquiétude maximale sur l’Arabie saoudite, MBS, le prince héritier qui s’est volatilisé ! », affirme un expert de l’Arabie Saoudite dans le très sérieux quotidien électronique Atlantico en date de ce 30 mai 2018…

Les manchettes d’une certaine presse se succèdent et les réseaux sociaux s’emballent, suite aux rumeurs d’assassinat qui courent à propos du prince héritier d’Arabie Saoudite, le très médiatique Mohammed Ben Salmane, qui avait pris en main (une main de fer) les destins du royaume en 2015 et imposé un nouvel ordre à la cohorte des princes et businessmen qui se partageaient jusques alors le gâteau pétrolier.

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Ainsi, on n’aurait plus revu en public le prince héritier depuis la tentative de coup d’État présumée et la fusillade qui avait eu lieu autour de sa résidence, à Riyad, dans la nuit du 21 au 22 avril 2018 (un événement que Le Courrier du Maghreb et de l’Orient avait été l’un des seuls médias à révéler, les grands titres de la presse mainstream, pourtant si prompte à colporter le sensationnel sans toujours vérifier les faits, ayant cette fois-là briller par un étrange silence).

Selon certaines « sources », MBS « aurait été grièvement blessé dans la fusillade tenue secrète près du palais ». D’autres ajoutent que « le prince serait  dans le  coma ». Quelques-unes assurent que « MBS est décédé des suites de ses blessures ; mais le trône ne sait pas comment l’annoncer, craignant la coalition des princes qui l’ont assassiné et s’apprêtent à prendre le pouvoir. »

Sur ce coup-là, cependant, il apparaît que les rédactions concernées auraient dû faire preuve de plus de circonspection et se donner le temps d’investiguer un tant soit peu…

MBS est en effet bien vivant, et en pleine forme, comme on a pu le constater le 28 avril 2018 (sept jours après le soi-disant « assassinat »), lorsque le prince a inauguré en grande pompe le début des travaux d’aménagement d’un tout nouveau quartier dans la banlieue de la capitale saoudienne, la Cité du Divertissement (Qiddya), le « Disneyland arabe ».

De même, le 18 mai 2018, MBS recevait à Riyad une délégation éthiopienne, avec à sa tête le premier ministre Abiy Ahmed, une rencontre qui avait pour objet l’établissement d’un protocole d’accord entre l’Arabie saoudite et l’Éthiopie dans les domaines de l’énergie et de l’agriculture.

Le 22 mai 2018, l’homme fort de Riyad et le président français Emmanuel Macron se sont entretenus par téléphone, à propos de la crise générée par le retrait de Washington de l’accord sur le nucléaire iranien, de l’impasse dans lequel se trouve le dénouement final du conflit syrien et de la guerre au Yémen.

Enfin, le 30 mai 2018, MBS a donné une brève conférence de presse en compagnie du président du Yémen, Abdou Rabou Hadi,

Impressionnante activité pour un prince décédé !

En revanche, il est exact que les apparitions publiques du prince héritier se font désormais beaucoup moins fréquentes que depuis qu’il avait pris le pouvoir.

Un changement d’attitude qui s’explique, selon une de nos sources au sein de la diplomatie saoudienne, par les menaces (bien réelles, quant à elles) qui pèsent sur MBS. Les services de renseignements saoudiens auraient en effet déjoué plusieurs tentatives d’attentats, une série dont l’attaque aux drones du 21 avril 2018 ne serait qu’un épisode ; et les services de sécurité du palais auraient dès lors enjoint au prince de limiter ses déplacements au strict nécessaire et de changer régulièrement et secrètement de résidence…

En un mot, l’homme se terre autant que, dans sa position, faire se peut.

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Une fois encore, l’état déplorable de « l’information » et le délabrement de la sphère médiatique aura donc été la cause que beaucoup d’encre et d’agitation se seront déversées inutilement sous les yeux d’un lectorat incrédule.

L’instantanéité du net, qui impose son rythme endiablé aux rédactions, l’impunité qui prévaut lorsque les médias se trompent ou mentent, et aussi les « certitudes » des « experts », cocktail détonant, ont confirmé leur nocivité.

Affaire classée.

La mort… d’un « fake news » !

Mais qui ne doit cependant pas occulter l’extrême tension qui règne en Arabie Saoudite et la fragilité croissante d’un régime qui a dû céder beaucoup de terrain à son rival iranien, d’une part, et qui, d’autre part et surtout, dans sa propre maison, doit se méfier quotidiennement des poignards brandis dans l’ombre.

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Pierre Piccinin da Prata

Historian and Political Scientist - Chief Editor / Rédacteur en Chef

1 Comment

  1. Sa mort n’aurait peut etre pas mis fin pour autant au projet Neom dont parle le parti anti sioniste. Tous les changements doivent provenir de l’esprit meme si on aurait pas pleure pour l’ami des sionistes.

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