EDITORIAL – Version française

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Bientôt déjà, l’État islamique passera de mode…

L’unique cellule terroriste active en Europe a été démantelée il y a un bail à présent, jusque dans ses cercles les plus périphériques ; celle qui avait organisé les attaques sur Paris et Bruxelles, les seuls attentats d’envergure revendiqués par l’EI en Occident.

Depuis lors, mis à part l’effroyable « coup de chance » d’un déstabilisé manipulé à Canne, en France… Plus rien qui ressemble à un acte de guerre… Nulle part.

En Irak, la dernière phase de l’offensive lancée en octobre 2016 pour reconquérir Mossoul est désormais en cours et, bien que les djihadistes, souvent à la recherche du martyre, fassent preuve d’une résistance furieuse, la concentration de forces rassemblées autour de la ville ne leur laisse aucune chance de survivre à l’assaut.

En Syrie aussi, l’étau se resserre, autour d’ar-Raqqa, la capitale de l’EI.

Le rêve sunnite du Califat s’écroule lentement sous les coups de l’Occident triomphant encore de l’Islam, et dans le sang versé avec allégresse par les miliciens chiites d’Irak et d’Iran, ivres de venger la défaite de Kerbala vielle de treize siècles, et puis les rires des ayatollah de Téhéran, les cris de joie des Kurdes qui ne savent pas encore l’horreur des guerres intestines à venir, et les hurlements des désespérés qui remplissent comme toujours les cachots sordides du président Bashar al-Assad, de retour aux affaires sous la bienveillante houlette du Kremlin.

Peut-être, avant longtemps, un commando des forces spéciales américaines débusquera-t-il le calife Ibrahim du fond d’un trou duquel le Commandeur des Croyants sera extrait sans ménagement, les yeux hagards, l’air idiot, les cheveux et la barbe hirsutes, épuisé, et déçu parce que le sens de l’histoire ne berce jamais les songes absurdes qui ne correspondent pas aux agendas de ceux qui décident des lignes géopolitiques dominantes… et que le royaume de Dieu n’est pas de ce monde.

Autre temps, autre guerre, autre scénario idéologique, mêmes images d’humiliation et de désolation dans le Monde arabe soumis à la loi des puissances.

L’Orient retrouvera donc bientôt son calme routinier : les tortures dans les prisons syriennes, qui rappellent à tout le monde qu’il n’est pas permis de penser tout haut ; et l’armée chiite de Bagdad rétablira ses check-points dans les quartiers de Mossoul, Tikrit et Falloudjah, où reprendront brimades et vexations quotidiennes qui, depuis 2003, avaient pourri la vie des Sunnites d’Irak, au rythme saccadé des attentats à la bombe.

Qui donc a cru, un beau soir de printemps dont l’air tiède fleurait bon le parfum suave du jasmin, que le Monde arabe pourrait jamais échapper à l’immuabilité de sa nature profonde, pétrie d’Islam et de cruauté ?

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Pierre Piccinin da Prata

Historian and Political Scientist - Chief Editor / Rédacteur en Chef

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