LIBYE – Daech: répétition du scénario irakien? (FR-عربي)

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L’appel du gouvernement parallèle, en place à Tripoli, à « une mobilisation urgente » pour barrer la route à l’État islamique retentit comme un cri de détresse face aux troupes de djihadistes, une menace devenue imminente. Le gouvernement d’Abdallah al-Theni, qui s’était replié dans l’est du pays et installé à Tobrouk, exprime quant à lui son angoisse de voir le scénario irakien se répéter en Libye.

En ce mois de juin 2015, les autorités de Tripoli ont appelé « les officiers et soldats de l’état-major de l’armée libyenne, les forces du ministère de l’Intérieur et de tous les services de sécurité ainsi que les révolutionnaires du 17 février dans toutes les villes à la mobilisation urgente, à la guerre indispensable contre les islamistes ».

L’événement de trop, qui a semé la panique dans la capitale, ce fut l’attentat suicide meurtrier, survenu à l’entrée de Dafiniyah, localité située à l’est de Tripoli, entre Zliten et Misratah, qui a eu lieu vers trois heures du matin, le dimanche 31 mai, contre un des check-points contrôlant l’accès a la ville.

L’État islamique (EI), qui a revendiqué l’attaque sur un compte Twitter, a précisé qu’elle avait été proférée par un Tunisien.

Le 28 mai dernier, l’État islamique s’était par ailleurs emparé de l’aéroport de Syrte, l’ancien fief de Mouammar Kadhafi (où le dictateur avait trouvé refuge avant d’être arrêté et exécuté), confortant ses positions en Libye centrale et se rapprochant ainsi du « croissant pétrolier » libyen, dont il apparaît que les djihadistes ont fait leur principal objectif et dont il ne sont plus désormais qu’à 150 kilomètres.

Unité et guerre « urgente » contre l’État islamique

Le gouvernement (non reconnu par la Communauté internationale) de Khalifa Ghwel [ndlr : Kh. Ghwel est le chef des milices rebelles et islamistes « modérées » qui se sont unies sous le nom de « Fajr Libya » (« Aube de Libye ») et emparées de la capitale libyenne il y a près d’un an, instaurant leurs propres parlement et gouvernement et contraignant le gouvernement officiel à s’exiler à Tobrouk] met l’accent sur la nécessité, désormais, de déclarer une guerre totale à l’État islamique, en appelant toutes les forces « à ne pas laisser tomber la patrie et à être prêtes à défendre la terre, l’honneur et la religion », affirmant que son gouvernement est déterminé à « lutter contre la pensée extrémiste jusqu’à son éradication ».

Mais, surtout, le chef de Fajr Libya appelle à l’unité face au danger qui menace la révolution, déclarant que la guerre civile que se livrent les clans ne fait qu’affaiblir la résistance à l’EI et, par le fait, renforce l’emprise du groupe terroriste qui se renforce en outre par l’arrivée en Libye de combattants étrangers, tunisiens notamment.

Le gouvernement de Tripoli a aussi demandé à la Communauté internationale de soutenir la Libye face à ce « danger imminent » ; un appel à une aide urgente, auquel la Coalition internationale, déjà engagée en Irak et en Syrie, ne saura probablement pas répondre –ne souhaitant pas, par ailleurs, renforcer le pouvoir de Fajr Libya, au détriment du gouvernement légal exilé à Tobrouk.

Cette « unité devenue nécessaire », il semble que plusieurs composantes du panier de crabes libyen l’aient compris, même si la cacophonie semble devoir se poursuivre…

Sur le terrain des combats, Mohamed al-Zadma, le chef des forces de sécurité de Syrte, qui s’est rallié à l’état-major du Congrès général national [ndlr : il s’agit du parlement libyen, constitué après les élections législatives qui se sont tenues en juillet 2012 ; le CGN s’est également exilé à Tobrouk ; son président est le chef des forces armées régulières restées fidèles à son autorité] a ainsi dû démentir les allégations formulées à son encontre, selon lesquelles il aurait entamé des négociations avec les groupes armés affiliés à l’État islamique ; il a en outre garanti que ses miliciens poursuivaient la lutte contre Daech, dans la zone de Hrawa, envahie par les alliés de l’EI.

Toutefois, selon Solomon al-Targi, commandant du Bataillon 166 dépêché à Syrte par le parlement de Tripoli afin d’en expulser les troupes de l’EI, des milices de Misratah, alliées du Congres général national, se seraient déployées dans les faubourgs de Syrte, avec la mission de soutenir le Bataillon 166, contre l’État islamique.

D’autre part, des troupes de l’armée régulière, envoyées par l’état-major du Congrès général national, ont réussi à rouvrir la route côtière de Hrawa, jusqu’alors tenue par l’EI, et à s’implanter dans la ville de Hrawa, base à partir de laquelle elles pourront également attaquer les groupes affiliés à l’État islamique qui ont envahi la région.

Les deux gouvernements libyens ont ainsi tout intérêt à mettre leurs querelles de côté et à collaborer ; peut-être aussi avec la troisième composante du paysage politique libyen, le général félon Khalifa Haftar -et son alliée, l’Égypte, où il est désormais réfugié-, qui avait emmené derrière lui une partie de l’armée régulière et imposait sa loi dans la région de Benghazi, sous prétexte, précisément, d’éradiquer les groupes terroristes islamistes. Mais que reste-t-il encore, aujourd’hui, des forces qu’il avait à l’époque détournées ?

Le premier ministre al-Theni craint une répétition du scénario irakien en Libye

Une forme « d’union nationale » de circonstance semble donc se construire en Libye, mais la situation reste confuse, les alliances sont fragiles et, même dans le cas où ce front commun de facto résisterait aux querelles qui déchirent le pays depuis 2012, les forces de l’EI ont pris une ampleur qui rend leur éradication très incertaine.

Le gouvernement libyen exilé à Tobrouk a d’ailleurs exprimé ses craintes d’une répétition du scénario irakien en Libye, devant l’expansion de l’État islamique et la difficulté de le combattre partout où il s’est implanté dans le pays.

Al-Theni (le chef du gouvernement intérimaire libyen reconnu par le Congrès général national et la Communauté internationale) a réclamé une levée immédiate de l’embargo sur les armes, soulignant lui aussi la nécessité d’unir toutes les forces du pays contre « Daech, ce cancer qui se répand jour après jour et de ville en ville et rend dès lors la résistance plus difficile », mais également le fait que, si l’embargo empêche les forces régulières de se procurer de l’armement, il est inefficace contre l’EI, dont les combattants se fournissent en armes via de nombreux canaux illégaux. Al-Theni a lui aussi appelé la Communauté internationale à soutenir l’armée libyenne, au moins dans le domaine de la logistique, afin de lui donner un avantage utile sur les troupes de l’EI. Il s’est dit étonné de l’inertie de la Communauté internationale, en dépit du risque de voir apparaître en Libye un État islamique identique à celui qui a conquis une grande partie de l’Irak et de la Syrie : « Si la communauté internationale reste inactive, les villes libyennes tomberont sous le menace et l’éradication de Daech finira par devenir impossible. » Il a enfin rappelé la responsabilité de la Communauté internationale dans l’actuelle crise libyenne et l’a enjoint à « assumer ces devoirs envers ce qui se passe en Libye ».

L’expansion de l’État islamique en Libye, surtout dans l’ouest du pays, menace en effet aujourd’hui Tripoli et Misratah.

Mais le torchon brûle entre le Congrès général national et la Communauté internationale, depuis que l’envoyé spécial des Nations Unies en Libye, Bernardino Léon, avait déclaré, fin 2014, que « seules les forces de Fajr Libya combattent le terrorisme en Libye ». De manière générale, en effet, l’armée régulière libyenne s’était retirée de l’ouest du pays, choisissant manifestement de ne pas s’impliquer dans les combats menés par les milices de Fajr Libya contre l’EI, comme si ces batailles avaient lieu à l’extérieur des frontières géographiques de la Libye.

Cela dit, les bons sentiments ont rapidement fait place à la rancune : Al-Theni n’a pas manqué d’accuser les miliciens de Fajr Libya, qui occupaient la ville de Syrte et y ont battu en retraite face aux forces de l’État islamique, d’une « très grande complicité » avec Daech et de lui avoir « offert » la ville…

LIBYE - Juin 2015 - Raja GHARSA JLASSI'

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“داعش” في ليبيا: دعوة الى “النفير العاجل” في الغرب و خشية في الشرق

رجاء غرسة الجلاصي

دعت حكومة الانقاذ الوطني بطرابلس الى “النفير العاجل” في مواجهة تنظيم الدولة الاسلامية الذي تبنى يوم الأحد هجوما انتحاري ببوابة الدافنية غربي مدينة مصراتة، في حين اكتفت حكومة عبد الله الثني المنبثقة عن برلمان طبرق (شرق) بالتعبير عن خشيتها من تكرار سيناريو العراق في ليبيا.

ودعت الحكومة في بيانلها كافة منتسبي الجيش والشرطة وثوار 17 فبراير (فيفري) من جميع المدن الليبية الى ان يكونوا على أهبة الاستعداد للدفاع عن الأرض و العرض والدين من خوارج العصر.

كان ذلك عقب تبني تنظيم الدولة هجوما انتحاريا فجر الأحد، راح ضحيته خمسة قتلى فيما أصيب ثمانية اخرون بجروح حسب مسؤولين.

وقال المسؤولون إن انتحاريا صدم بسيارته الملغومة نقطة التفتيش الأمنية الرئيسية غربي مصراتة. ولحقت أضرار بعدد من السيارات والمتاجر القريبة.

ووفقا لبيان على تويتر، أعلن تنظيم الدولة الإسلامية مسؤوليته عن الهجوم الذي قال إن تونسيا نفذه.

الحرب … الحرب على تنظيم الدولة

وقالت حكومة خليفة الغويل انها مستمرة و لن تتراجع عن “محاربة التكفيريين والانقلابيين ومن يسمون أنفسهم بتنظيم الدولة و الذين يخلون بالأمن و ينشرون الرعب”.

ودعت الحكومة الليبية التي تتخذ من طرابلس مقرا لها، كافة المدن والقبائل الليبية للاصطفاف صفا واحدا لحماية ثورتهم من خطر يهددها، حسب ما جاء في البيان.

وأكد بيان الحكومة انها ماضية في محاربة الفكر المتطرف والعصابات الاجرامية التي تعمل تحت ما يسمى تنظيم الدولة حتى استئصال جذوره.

وقالت الحكومة انها”تستشعر الخطر الداهم الذي يتهدد أمن البلاد والعباد بجمع متطرفين من شتى الملل ليقيموا دولة خلافتهم المزعومة وباستقطاب بعض الشباب الليبي في تنظيماتهم العابرة للحدود التي لا تعترف بحق الحياة الا لمن والاها”.

كما هاب البيان في ختامه بالمجتمع الدولي والأمم المتحدة لمساندة ليبيا لمواجهة الخطر الداهم العابر للحدود.

ميدانيا، أكد آمر غرفة عمليات سرت التابعة لرئاسة أركان المؤتمر الوطني محمد الزادمة في تصريح اعلامي، إغلاقهم الطريق الساحلي من جهة منطقة هراوة شرقي مدينة سرت وسط ليبيا.

ونفى الأنباء المتداولة عن مفاوضات بينهم وبين المجموعات المسلحة التابعة لتنظيم الدولة الإسلامية، مؤكدا استمرار محاصرة منطقة هراوة من قبل عناصر التنظيم، مضيفا أن جميع محاور القتال شهدت هدوءا حذرا.

وقال القائد الميداني في الكتيبة 166 المكلفة من برلمان طرابلس بتأمين منطقة سرت وتطهيرها من العناصر المتشددة، سليمان التارقي إن قوة أخرى تابعة لرئاسة أركان المؤتمر الوطني العام من مدينة مصراتة وصلت الأحد، إلى سرت لدعم الكتيبة 166 في معاركها مع تنظيم الدولة الإسلامية تمهيدا لعملية عسكرية قريبة .

وكانت القوات التابعة لغرفة عمليات سرت برئاسة أركان المؤتمر الوطني العام قد فتحت الطريق الساحلي من جهة منطقة هراوة بعد إغلاقه لعدة أيام.

وأعلنت غرفة عمليات سرت التابعة لرئاسة الأركان العامة أمس أن قواتها المرابطة في محور هراوة تستعد لاقتحام مواقع الجماعة المسلحة التابعة لتنظيم الدولة التي تحاصر المنطقة.

وقال متشددو الدولة الاسلامية في بيان على تويتر يوم الجمعة الماضي انهم يسيطرون على قاعدة القرضابية الجوية مضيفا ان اشتباكات تدور بين الجانبين في نقاط رئيسية في مدينة سرت.

يذكر أن المؤتمر الوطني أصدر في منتصف فيفري الماضي، قرارا يقضي بتكليف الكتيبة 166 بتأمين مدينة سرت وإرجاع المرافق والمؤسسات إلى شرعية الدولة الليبية عقب سيطرة مجموعات مسلحة تابعة لتنظيم الدولة الإسلامية، كانت قد استولت عليها بداية شهر فيفري الماضي.

الثني يخشى من تكرار سيناريو العراق في ليبيا

اعربت الحكومة الليبية المعترف بها دوليا عن خشيتها من تكرار سيناريو العراق في ليبيا مع تمدد تنظيم الدولة الاسلامية والصعوبة التي قد تواجهها الدولة الغارقة في نزاع على السلطة في القضاء على هذا التنظيم مستقبلا.

عبد الله الثني رئيس الحكومة الليبية المؤقتة المنبثقة عن برلمان طبرق (شرق) قال في مؤتمر صحافي لحكومته إن سيطرة داعش مؤشر سلبي. وجدد تمسكه بمطلب رفع الحظر عن تسليح ” الجيش الليبي” لمواجهة “داعش”، مشدّدا على أنه ما لم تتوحد الصفوف ولم يتم رفع التسليح سيتمدد هذا السرطان وسيصل مدن أخرى وستكون عملية المقاومة كبيرة جداً وسيدفع الشعب ثمن كبير للقضاء على هذه المجموعات”.

كما طالب المجتمع الدولي بدعم الجيش الليبي بالإمكانيات وخاصة اللوجستية حتى يقوم بواجبه في حماية المدن الليبية.

و اتهم عبد الله الثني قوات “فجر ليبيا” التي تشن حرب كر و فر على عناصر تنظيم الدولة في سرت، بما أسماء “تواطئ كبير جداً”، بدعوى ” تسليم مدينة بالكامل لهذه المجموعات الإرهابية”، في اشارة الى سقوط مدينة سرت في يد التنظيم.

في هذا المؤتمر نود ان نوضح للشعب الليبي الكريم في الداخل والخارج التداعيات الأخيرة التي حدثت في منطقة سرت والهجوم الأخير الذي تعرضت له المدينة من مجموعات داعش والتسليم المباشر الذي قامت به مجموعات فجر ليبيا وهذا

وعبر رئيس حكومة طبرق عن استغرابه من “عدم اتخاذ المجتمع الدولي موقف حازم حيال ما يحدث في ليبيا، مستنكرا الموقف المتخاذل من قبله.

وقال:” إذا بقى المجتمع الدولي ساكتاً المدن الليبية قد يصلها تهديد هذه المجموعات مدينة تلو المدينة ويصبح القضاء على هذه المجموعات صعب جداً وما يحدث في العراق الآن دليل على ذلك ، ونطالب المجتمع الدولي بالقيام بواجباته تجاه ما يحدث في ليبيا”.

و بالرغم مما تشهده الساحة الليبية من تمدد لتنظيم الدولة في ليبيا، ترجمته استيلاؤه على مقار حكومية في مدينة سرت وسط ليبيا، و تبنيه لعدة هجومات في خاصة في غرب ليبيا (طرابلس و مصراتة)، بقي المجتمع الدولي صامتا حيال ما يجري، و اكتفى المبعوث الأممي في ليبيا بيرناردينو ليون في تصريح قديم له بالقول ان قوات “فجر ليبيا” وحدها تحارب الارهاب في ليبيا.

وبدت قوات اللواء خليفة حفتر وحليفتها مصر عاجزة وخائرة القوى عن تسديد ضربات دقيقة ومحددة لمواقع تنظيم الدولة على شاكلة تلك الضربات التي استهدفت جامعة غريان (غرب)، ومطار معيتيقة بضواحي طرابلس وغيرها بدعوى أنها تهدد أمن ليبيا.

حتى ان لسان الناطقين باسم “الجيش الليبي” يبدو انها اعتزلت الوعد والوعيد و اختارت عدم التعليق عن الحرب التي تخوضها قوات “فجر ليبيا” و رئاسة الأركان التابعة للمؤتمر الوطني العام في مواجهة تهديد تنظيم الدولة، و كأن مسرح المعارك يجري في رقعة خارج حدود ليبيا الجغرافية.

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Raja Gharsa Jlassi

Journaliste (Tunis/Tripoli – TUNISIE/LIBYE)

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