URGENT / PALESTINE – En direct de Gaza : cinquante raids israéliens ce samedi 14 juillet 2018

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L’été à commencé, et c’est encore une journée difficile pour les Palestiniens de Gaza, une journée sous les bombes israéliennes, qui rappelle celles de l’été 2014 lorsque l’armée de l’État hébreu avait assassiné plus de 2.000 civils en deux mois, dans l’indifférence générale, sans aucune réaction concrète de la « communauté internationale ».

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Cette fois-ci, le silence médiatique a été plus complet encore ; les événements ont été parfaitement occultés par la grand-messe footbalistique du moment et l’inconscience de ceux qui s’en passionnent exclusivement.

L’armée de l’occupation israélienne a blessé plusieurs dizaines de citoyens palestiniens, ici et là, un peu partout, au hasard, à travers la bande de Gaza, ce samedi 14 juillet 2018 lors des bombardements qui ont visé plusieurs régions dans cette prison à ciel ouvert.

Les avions militaires israéliens ont mené cinquante raids sur différents lieux dans la bande de Gaza.

Les frappes ont eu lieu dans les agglomérations de Gaza, de Jabalya, Beit Lahya et Beit Hanoun, dans le nord de la bande de Gaza, de Deir El-Balah et de Burij, dans le centre, et de Khan Younis et de Rafah, dans le sud.

Deux adolescents de 15 et 16 ans sont morts à Gaza ; selon l’armée israélienne, les frappes ne visaient que des positions occupées militairement par le Hamas.

Ces bombardements s’ajoutent aux attaques israéliennes contre les civils palestiniens de Gaza qui se sont déroulés tous les vendredis depuis le 20 mars 2018, lors de la Grande Marche du Retour, des attaques qui se soldent à ce jour par près de 150 morts et plus de 4.000 blessés palestiniens. Dans le silence complice de la « communauté internationale officielle ». Et en l’absence des médias qui, in fine, occultent cette réalité.

À l’origine de l’opération israélienne, une rixe à la « frontière » entre Gaza et l’État juif, qui a servi de prétexte aux bombardements : un groupe de Palestiniens se sont approchés de la ligne de démarcation, et les soldats israéliens ont ouvert le feu, tuant deux jeunes hommes de 15 et 20 ans, et blessant environ 200 manifestants. Le Hamas a tant bien que mal riposté par des tirs de roquettes, qui ont blessé trois civils israéliens dans le sud d’Israël (une trentaine de roquettes ont été tirées, selon le porte-parole du Hamas, Fawzi Barhoun ; une centaine, selon l’armée israélienne).

Pour le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, c’est le « coup le plus dur infligé au Hamas depuis 2014 ».

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Après avoir détruit ses objectifs, le gouvernement israélien a une nouvelle fois accepté un « cessez-le-feu », le 14 juillet au soir, négocié avec le Hamas.

Le Hamas a déclaré qu’il ne renonçait pas à sa proposition d’une trêve de 10 ou 15 années avec Israël, mais à la condition que soit levé le blocus israélo-égyptien (égyptien depuis le coup d’État militaire du président-maréchal al-Sissi, en 2013, qui a normalisé ses rapports avec Israël).

Une trêve peu probable, car le Hamas sert de prétexte à Israël pour réduire la population dans les territoires palestiniens.

Et un « cessez-le-feu » qui expirera, dès lors, lorsqu’Israël décidera de lancer un nouveau raid aérien sur les civils de Gaza…

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About Author

Ziad Medoukh

Directeur du Département de langue française à l'Université Al-Aqsa de Gaza (Territoires Autonomes Palestiniens)