URGENT / SYRIE – Des fours crématoires en Syrie?

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Dernièrement, et après plus de sept ans de guerre en Syrie, un nombre incalculable « d’actes de décès » est émis par les autorités baasistes aux proches de détenus dont la plupart étaient de pacifiques manifestants réclamant liberté, égalité et fraternité, ce qui rappelle une certaine devise du monde des Droits de l’Homme.

Des témoignages effarants nous parviennent selon lesquels des familles sont invitées à accuser réception du « certificat de décès » de leur fils, fille, père, mère… avec ou sans le(s) corps !

Les proches qui ont le privilège de recevoir la dépouille de leur défunt la trouvent, le plus souvent, méconnaissable. D’autres familles, moins privilégiées, doivent se contenter du seul certificat (à moins qu’elles ne soient privilégiées de n’avoir pas vu l’état de la dépouille ?).

En effet, il leur est dit, selon des témoignages concordants, que pour « avoir tardé à se présenter », ou pour une quelconque raison… « il n’y a plus de corps ». Nous passons ainsi des « disparus corps et âme » aux « disparus de corps », leur âme étant saisie sur un certificat de décès et envolée au Ciel.

La question, qui s’adresse surtout au monde se disant libre, à ce monde qui a délivré au monde entier un autre genre de « certificat » –aujourd’hui périmé– sous le fallacieux titre de « Déclaration universelle des Droits de l’Homme » (laquelle n’a rien « d’universel »), est celle de savoir si les gouvernements de ce monde lointain, si ses dirigeants prétendument humanistes, si ses corps diplomatiques, ses organisations de défense des Droits de l’Homme, si les organismes concernés de l’ONU… ont quelque chose à dire (ou à contredire), quelque chose à déclarer au sujet de ces « corps » ou « restes de corps » dans des linceuls ou, tout simplement, ces « corps sur papier ». S’ils ressentent la nécessité d’en savoir plus, d’en avoir le cœur net (si cœur il y a encore).

La question est de savoir si ce monde éprouve le besoin d’ouvrir une enquête susceptible d’accréditer ou de démentir ces informations qui « affligent » la « toile », rapportées par des témoins, des rescapés, des « revenants » de l’enfer.

La question s’adresse aussi au monde médiatique et journalistique, qui se distingue par sa discrétion, si ce n’est son silence sur le sujet, occupé qu’il est à des futilités bien plus « humanitaires », telle que « l’affaire » Benalla… à titre d’exemple.

Nous aimerions savoir, nous, citoyens du Maghreb et de l’Orient,  qui sommes tellement éloignés de ce monde dit « libre », éloignés de sa civilisation avancée, éloignés du siège de l’ONU… Nous aimerions savoir si ces échos d’un autre monde, dans notre région, sont fondés ; si les méthodes d’Auschwitz n’ont pas refait, par hasard, surface dans nos environs… à la prison de Sednaya, par exemple. Nous aimerions savoir s’il existe, oui ou non, des fours crématoires en Syrie, annexes des ateliers de torture… ou d’autres types d’installations de « traitement » des corps.

Que veulent-ils dire, en effet, par « il n’y a plus de corps » ?

Ces corps, ne pouvant s’être évaporés, se seraient-ils éparpillés en cendres ? Comme l’assassin qui brûle sa victime, ou la dilue dans l’acide, ou la plonge au fond de l’océan, pour effacer toute trace de son crime, de son meurtre commis ?

Que faire pour vérifier ces récits macabres ? Pour savoir si ces films d’horreur sont fictifs ou véridiques ? Quelles sont les démarches diplomatiques, humanitaires, judiciaires entreprises pour connaître le véritable sort des quelque 13.000 détenus dans les geôles syriennes, et déterminer les causes réelles de leur décès suite à des « problèmes de santé » ?

Comment valider ou invalider « scientifiquement » ces informations, selon les règles de l’art, et, advenant leur bien-fondé, les inclure au volumineux dossier à charge du régime, surchargé de crimes, si aucune enquête n’est entreprise par des journalistes d’investigation, des organismes humanitaires, des commissions onusiennes ? Et ceci, non pour un impossible recours aux tribunaux internationaux, le criminel de guerre étant protégé par au moins un membre permanent du Conseil de sécurité, mais juste… pour l’Histoire ?

Après l’holocauste au sens large du terme, qui a englouti des centaines de milliers de Syriens depuis le début de la guerre, y aurait-il un holocauste, au sens strict, à l’œuvre dans ce pays ?

Et par quelle ironie du sort, ce sont d’anciennes victimes de l’Holocauste qui ont aidé à évacuer, tout récemment, des centaines de « casques blancs » syriens, et qui les ont acheminés en Jordanie, pour les sauver d’un autre holocauste, d’Arabes par des Arabes.

À l’heure où l’on s’oppose, ici au Liban, à l’installation d’incinérateurs pour le traitement des déchets, des incinérateurs pour « déchets », humains, seraient-ils en usage en Syrie ?

Dans l’indifférence ou l’ignorance générale ? À la seule différence près que ces « incinérateurs » ne constituent aucun danger pour l’Environnement mondial ? Les cendres humaines ne sont pas toxiques.

Maintenant que le Baasiste bénéficie de la protection du membre permanent russe au Conseil de Sécurité, à l’instar du Sioniste, protégé par le membre permanent américain… Maintenant que le parallélisme est en place ; et avec lui l’impunité…  Le Monstre ne se cache même plus de sa monstruosité.

Le Monstre l’affiche, en toute désinvolture, sans s’embarrasser de précautions : il décerne des « certificats » de décès de même cause, enfourne les corps ou les balance qui sait où…

Mais rien n’empêche, « just for the record » (comme on dit), d’en savoir davantage sur ces « certificats-de-décès-sans-corps », pour cause de « crise cardiaque » ; sans compter que les certificats accompagnés de corps mutilés constituent en soi une violation des conventions internationales, un crime contre l’humanité et une « preuve » de perpétration du crime.

Des chercheurs de terrain, journalistes, intervieweurs du monde occidental soi-disant libre, humaniste et démocratique, en visite sur cette « planète » gouvernée par des « aliens », pourraient-il prêter main forte et se renseigner auprès des autorités extraterrestres baasistes, afin de tirer cette affaire au clair et éclairer notre lanterne tamisée de rouge sang ?

C’est bien dommage, qu’il ne sera pas fait de cette affaire une « affaire d’État », à l’instar de  l’affaire Benalla, qui a monopolisé des jours durant l’attention des journaleux et celle de leurs abonnés.

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Ronald Barakat

Sociologue et Journaliste (Beyrouth – LIBAN)

2 Comments

  1. Pour ce qui est des casques blancs, on sait aujourd’hui que c’est une supercherie organisée par des criminels liés à an Nosra/Al Qaïda en relation avec un officier des services de renseignement britannique officiellement à la retraite . Et le fait qu’il est prouvé que c’est Israël qui ai aidé militairement An Nosra et assuré aussi l’évacuation des casques blancs ne fait que confirmer les soupçons qu’on avait sur leurs commanditaires. On attend des interviews contradictoires de journalistes occidentaux de ces évacués désormais accessibles car jusque là ils n’osaient pas se rendre dans les zones où ils opéraient …et pour cause ! Pour ce qui est des allégations terrifiantes sur la prison de Sednaya, les analyses critiques ont aussi été au moins en partie déconstruites . Jamais ces analyses n’ont été être contestées par les auteurs de ce que l’on peut dès lors considérer comme des allégations infondées. Bref, on ne peut plus dire aujourd’hui n’importe quoi car on peut croiser les informations, et si on veut faire croire que les moukhabarat syriens sont une association d’enfants de choeur, il n’y a qu’à continuer à mélanger de cette façon le vrai avec le faux n’importe comment.

  2. Bravo👏👍Ronald Barakat‼️Vous osez ou les autres n,osent pas vs etes sur le terrain de la verite a tt prix.je vs felicit…au moins un qui n,a pas la langue de bois et qui temoigne pour la verite

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